PETIT LEXIQUE

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LES MOTS DU TANGO ARGENTIN

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

A

Abrázo : (étreinte, enlacement, position de danse) le tout premier contact avec le partenaire et l’amorce de la connexion. L’enlacement : plus ou moins rapproché ou ouvert, ne détermine pas seulement l’esthétique du couple, il influe considérablement sur la maîtrise du mouvement et l’équilibre général. Il peut varier, selon le style – canyengue, milonguero, de salon – et même selon les différents moments au cours d’un même «tema».

Adelante : en avant, avancez.

Adorno : (ornement, embellissement, fioriture, décor) petite variante introduite, chez l’homme comme chez la femme, dans le mouvement des pieds ou des jambes au cours de la marche, de l’exécution d’une figure ou même à l’arrêt et qui n’est pas strictement nécessaire à l’exécution de la danse mais qui recherche un effet esthétique ou une interprétation personnelle de la musique et qui, surtout, ne vient pas perturber le déplacement du partenaire.

Age d’or : correspond à la période 1940-1955 considérée comme la plus riche au niveau artistique avec plétores d’orchestres. Quelques noms : Juan D’Arienzo, Edgardo Donato , Anibal Troilo, Ricardo Tanturi , Rodolfo Biagi, Alfredo Gobbi, Angel D’Agostino, Carlos di Sarli, Miguel Caló , Osvaldo Pugliese, etc.

Aguja : (aiguille) Ornement réalisé par l’homme pendant le tour, en pointant verticalement le pied.

Alteración : pivot autour d’un pied qui porte momentanément le poids mais qui n’est pas dans l’axe du centre de gravité. L’altération n’est possible que dans la dynamique d’un enchainement.

Amague : (amagar : être sur le point) ornement réalisé, souvent avant de démarrer un mouvement, en frappant le sol du pied, pour prendre la mesure.

Apilado : style de position et de danse où la cavalière est appuyée sur le cavalier avec un angle plus ou moins grand.

Arrastre : (traînée ou traînage) déplacement du pied libre de la femme, par le pied de l’homme. Au cours de l’arrastre, l’homme exerce une réelle pression sur le pied de la femme, par exemple pour la faire croiser. Le mouvement n’a donc pas besoin d’être guidé (et est donc différent d’une barrida).

Atrás : en arrière

B

Balanceo : (balancement) transfert du poids du corps d’un pied sur l’autre et retour. S’emploie pour écourter une technique dans un espace restreint, pour attendre le moment musical propice au démarrage d’une nouvelle figure, ou de façon plus subtile, pour faire passer le poids du corps de sa partenaire sur son autre pied.

Barrida : (balayée) “Balayage du pied” de la cavalière par le pied du cavalier. Pendant la séquence de la Molinete de la femme dans le tour, le pied de l’homme vient très proche ou au contact de celui de la femme et semble déplacer ce dernier. En réalité, l’homme guide le mouvement de tour de sa partenaire et se contente d’accompagner le déplacement de son pied en plaçant le sien à côté. Ne requiert ni force ni tension. Contrairement à l’arrastre dont elle est proche, la barrida est plus fluide.

Base : un certain nombre d’enseignants actuels appellent base une combinaison de huit pas, que certains autres nomment Salida (que l’on pourrait traduire par “sortie”). On l’appelle base parce quelle comporte un résumé de pas de référence pour l’apprentissage du tango.

Bicicleta : (bicyclette) mouvement circulaire effectué par le pied du cavalier qui vient “accrocher” au pied de sa partenaire et qui évoque l’idée de pédaler. A utiliser avec grande parcimonie.

Boleo : voir Voleo (de “boleadora”, instrument de gauchos fait de liens de cuir et de pierres qu’ils font tournoyer pour attraper le bétail). Il s’agit d’un pas de marche (généralement sur un ocho avant ou arrière) interrompu par un contre-mouvement du cavalier, qui prend de vitesse la femme et l’empêche de finir son pas. La jambe avec l’énergie initiale décrit une volute ou un piqué suivant les styles.

Boleito : ornement qui peut être exécuté aussi bien par l’homme que par la femme, pendant lequel le pied ou la jambe exécute un mouvement circulaire (proche du boleo) mais qui n’est pas guidé et ne doit en aucun cas perturber les mouvements du ou de la partenaire.

C

Cabeceo : le “cabeceo” désigne la manière traditionnelle, délicate et discrète, d’inviter une partenaire à danser, en réponse à son interrogation ou appel par le regard, la Mirada. On guette discrètement le regard de celle avec qui l’on souhaite danser. Si cette personne détourne le regard, on sait qu’elle ne veut pas danser. Si la danseuse soutient le regard, alors l’homme fait un léger signe de tête, pour signifier l’invitation. Souvent c’est la danseuse qui, avec la Mirada, est à l’origine de l’échange de regard. A Buenos Aires, le « cabeceo » est très répandu, même dans les milongas fréquentées par les jeunes. S’il est rare, à Buenos Aires, que les danseuses se déplacent pour venir inviter un danseur, une danseuse souhaitant danser avec un danseur guettera son regard et celui-ci comprendra clairement qu’elle souhaite danser avec lui et n’aura alors plus qu’à faire un signe de tête d’invitation. Certains y voient une sophistication ou un code mais c’est surtout un moyen simple et pratique de choisir ses partenaires de danse en limitant la gêne ou les frustrations.

Cadena : en espagnol, chaîne. Suite enchaînée de pas, en « chaîne », de saccadas réciproques et symétriques entre les partenaires, donnant l’impression que les pas s’entremêlent. Elle peut se réaliser à droite ou à gauche, avec ou sans ganchos.

Cadencia : (Cadence) rythme donné à un mouvement. Manière de se mouvoir en suivant le rythme, sous forme lente ou syncopée. Ce mouvement implique un changement de poids d’un pied sur l’autre. C’est une solution pour éviter une collision sur la piste de danse, pour changer de direction, et pour rester en mouvement dans un espace réduit en attendant que l’espace se libère. Peut également avoir la même signification que Balenceo.

Caída : (chute) pas en arrière de l’homme avec poids du corps sur sa jambe arrière et cavalière en position déboîtée, poids du corps sur sa jambe avant.

Calesita : (le manège) figure consistant à maintenir la cavalière sur un pied (plus précisément en appui sur son métatarse) et à tourner autour d’elle : elle est donc l’axe du mouvement.

Caminar : marcher.

Caminata : (marche, du verbe caminar = marcher à pied) essence même du tango argentin qui est une danse de marche! La caminata consiste à marcher en posant les pieds sur les temps forts de la musique. On la dit alors “al compás” (sur la mesure) mais elle peut comporter de nombreuses variations rythmiques, en dobletiempo (contretemps), mediotiempo (un pas sur deux temps forts), des différences de synchronisation (homme en dobletiempo tout en guidant la femme “al compas”), des petites figures. Il existe deux systèmes dans la caminata :

  • Sistema paralelo (système parallèle) : façon la plus habituelle de marcher à deux lorsque le pied droit de la femme se déplace en même temps que le pied gauche de l’homme.
  • Sistema cruzado (système croisé) : lorsqu’au déplacement du pied droit de la femme correspond celui du pied droit de l’homme.

Canyengue ou cañengue : mot d’origine africaine qui évoque les racines noires du tango. Style ancien de danse, grande période : 1880-1920, puis régression et réapparition vers 1990.
Le couple danse enlacé, les jambes fléchies, joue contre joue, en jouant et se balançant avec la musique qui est généralement très enlevée.

Caricia : (caresse) ornement se faisant avec la jambe ou le pied, sur la jambe ou le pied de son ou sa partenaire.

Carpa : même principe que la Calesita, mais l’homme se recule pour faire pencher l’axe de sa cavalière.

Carril : (voie du train, rails du chemin de fer) chacune des lignes, normalement droites et parallèles, le long desquelles se déplace le pied. Dans la caminata face-à-face, on utilise deux carrils, un pour chaque pied. En position déboîtée, les danseurs utilisent quatre carrils (deux pour chaque danseur). Dans la caminata cruzada le déboîté est moins important et seuls trois carrils sont utilisés car les pieds intérieurs de chacun des danseurs se déplacent sur le même carril.

Castigada : (de castigar : punir, châtier) poussée de la jambe de la cavalière vers le haut.

Catamarqueña : variante de la media luna, le demi tour.

Cepillada : dans les danses populaires, frottement de la plante du pied sur le sol.

Chacarera : danse traditionnelle argentine. Les danseurs disposés en ligne se font face et la danse les amène à se croiser, puis se rencontrer. Danse de séduction.

Chiche : (babiole) Ornement consistant à effectuer deux petits battements de pieds en accord avec la musique.

Colgada : (de colgar : suspendre, accrocher) il s’agit plus d’une technique (tango nuevo) pour réaliser certaines figures que d’une figure en elle-même. C’est une posture corporelle qui permet au couple de partager un même axe au sol, alors que les bustes s’éloignent vers l’extérieur, en dehors de l’axe, l’équilibre des deux danseurs repose sur une force de contrepoids qu’ils exercent ensemble dans une direction opposée, appelée la position en « V »: (cf.le principe du contrepoids que le véliplanchiste accorde à sa voile dans laquelle s’engouffre le vent).
Les colgadas peuvent être linéaires, en rotation …

Compás : rythme musical, impulsion de chaque mesure.

Contrapaso : (contrepas) verrouillage d’un pied derrière l’autre pendant la marche, souvent exécuté sur le contretemps.

Contratiempo : contretemps.

Coqueta : sacada en arrière exécuté par l’homme ou la femme.

Cordobesa : variante de la media luna, le demi-tour.

Corrida : (course) figure de tango : petits pas rapides en contretemps.

Corridita : petite course rapide.

Corte : (coupure, du verbe cortar : couper) figure du tango : coupé, pause dans la danse. Le mot n’a pas toujours eu le même sens; dans le tango primitif, il désignait aussi bien la pirouette qui coupait l’élan des danseurs que l’arrêt, la suspension du mouvement. Cet arrêt s’impose parfois en fonction de la circulation des autres danseurs. Cela permet aussi des variations, des mouvements infimes sur place, notamment un mouvement de balancement caractéristique du tango, la quebrada. Mouvement présent dans le ocho cortado.

Cortina : littéralement “Le rideau” c’est-à-dire l’intermède entre deux tandas. Afin d’éviter toute confusion, une cortina ne doit pas être dansable.
Un bal de tango s’organise en tandas, séries de 3 à 5 tangos regroupés généralement par style (tango, milonga ou vals) et par orchestre interprète.
Chaque série est séparée par une cortina (un rideau en espagnol), un petit morceau de musique autre que tango. La cortina permet de remercier son partenaire, de faire une petite pause avant d’y retourner, généralement avec un/e autre partenaire.

Cruce ou cruzada : (croisement ou croisé, de cruzar : croiser) position dans laquelle les pieds sont croisés.

Cuadrado : carré, figure élémentaire du tango décrivant un carré au sol.

Cucharita : (cuillère) consiste à “cueillir” le pied de la cavalière avec le sien, pour le faire se lever.

Cunita : (berceau) mouvement de va-et-vient d’avant en arrière ou légèrement en biais évoquant le balancement d’un berceau. Peut s’exécuter en ligne ou en tournant. On l’appelle aussi hamaca (hamac).

D

Dezplazamiento : déplacement.

Dibujo : dessin exécuté sur le sol avec son orteil.

Disociación : (dissociation) placement du haut du corps (les épaules) dans une position différente de celle du bas du corps (bassin) par rapport à la ligne de marche. On parle alors de dissociation des mouvements du haut et du bas du corps donnant du style et facilitant certains mouvements. Une des principales techniques du tango argentin.

E

Eje : équilibre, axe du danseur/danseuse.

Enlace : enchaînement.

Elevada : marche sans garder les pieds au contact du sol (technique utilisée quand les sols étaient particulièrement sales dans les débuts du tango). Elévation du pied de la cavalière utilisée dans les Colgadas.

Embutido : balancement d’un pied derrière l’autre, après un enrosque.

Empujada : poussée de la jambe de la partenaire.

Enganche : accroche du pied ou de la jambe du ou de la partenaire.

Enrosque : (de enroscar : enrouler, entortiller, visser) fioriture de l’homme qui, pendant le tour de la danseuse, enroule son pied libre de poids devant ou derrière celui sur lequel il est en appui et pivote.

Entrada : se produit quand le pas du danseur pénètre la ligne de pied de sa cavalière, sans déplacement. (Différent de la sacada).

Espejo : (miroir) position symétrique ou exécution symétrique de techniques ou de pas : par exemple des óchos.

Estilo Villa Urquiza : style de tango très populaire durant l’âge d’or du tango, principalement entre 1940 et 1950, pratiqué dans le quartier “Villa Urquiza”. Il se caractérise par une extrême élégance et un raffinement total dans la posture, la marche, le minimalisme de la danse c’est-à-dire le nombre volontairement réduit de figures, le compás et la musicalité parfaite à tel point que même les pauses prennent un sens artistique et esthétique. Les volcadas, colgadas et ganchos ne sont pas pratiqués dans ce style. Ce style de tango est toujours actuel car il est enseigné au Club Sunderland à Buenos Aires. C’est ce style de tango immédiatement reconnaissable par sa richesse émotionnelle en accord parfait avec la musique qui est pratiqué par des danseurs illustres.

Estribillista : chanteur qui intervient uniquement pour chanter le refrain ou quelques paroles. Son rôle est limité, contrairement au chanteur d’orchestre qui apparaîtra en 1934 avec Francisco Fiorentino, lui aussi estribillista à une époque avec Charlo, Ernesto Famá, Carlos Dante, etc.

Estribillo : refrain dans un tango chanté.

 

F

Firulete : ornement ou mouvement compliqué. Fioriture, figure originale hors des codes. Témoigne de la créativité des danseurs. Pour certains chorégraphes, tour en position détachée.

Freno : ralentissement pour s’arrêter.

G

Gancho : (Crochet) les ganchos sont une famille de mouvements dont le principe technique est la réalisation d’un crochet d’une jambe (en pliant le genou) autour de la jambe de son ou sa partenaire, quand ce ou cette dernière se trouve dans la position appropriée comme obstacle dans son déplacement.
Nota Bene: il existe toutes formes de ganchos : ganchos du danseur, des ganchos doubles (du danseur et de la danseuse simultanément), des ganchos intérieurs ou extérieurs, des ganchos par l’arrière, des ganchos hauts, bas, au niveau de la jambe, des 2 jambes, de la hanche ou des côtés du ou de la partenaire…

Giro : aussi appelé “molinete” (tour) structure de quatre pas avec laquelle la femme (le plus souvent) exécute autour de l’homme (qui est l’axe du tour) un pas croisé avant -[pivot]- un pas latéral -[pivot]- un pas croisé arrière -[pivot]- un pas latéral -[pivot]- un pas avant… et ainsi de suite.
Les tours sont une famille de figures et peuvent être exécutés à droite ou à gauche, de la femme autour de l’homme, de l’homme autour de la femme ou des deux autour de l’axe qui passe entre eux (en miroir, par exemple).

Golpecitos : tapement rythmique du plat du pied contre l’orteil.

Guardia Vieja : première génération et première école des musiciens de tango, de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1920 environ. C’est la Guardia Vieja qui impose la Orquesta Típica et structure le tango comme genre musical. Ses grandes figures sont : Francisco Canaro, Roberto Firpo, Angel Villoldo.

Guardia Nueva : deuxième génération des musiciens, de 1920 à 1940 environ. Ses plus illustres représentants sont : Julio de Caro, Osvaldo Fresedo, Aníbal Troilo, Rodolfo Biagi, Carlos di Sarli, Francisco Lomuto, etc.

H

Hamaca : (hamac) autre nom de la Cunita, mouvement de va-et-vient, d’avant en arrière.

I

Inclinada : inclinaison.

Intención : (intention) expression de la volonté du danseur, précédant le guidage à proprement parler, indispensable à la bonne compréhension du guidage, donne de la clarté.

J

Juntar : joindre, se dit des chevilles et des genoux.

L

Lápiz : (crayon, tracé) cercles, ou demi-cercles dessinés au sol avec la pointe du pied de la jambe libre. Mouvement utilisé lorsque le danseur exécute un ou des tours.

Látigo, Latigazo : mouvement fouettant d’un pied ou d’une jambe.

Llevada : (de llevar : emmener) mouvement exécuté avec la jambe ou le pied du cavalier, pour “emporter” la jambe de la cavalière sur le pas suivant; mélange de barrida et de pas de marche pour emmener la jambe de la cavalière avec la cuisse du cavalier. Mouvement qui n’est pas guidé avec le buste, donc à ne pas confondre avec la barrida.

Lunfardo : argot des faubourgs de Buenos Aires. Utilisé dans les paroles des tangos.

Lustrada : (polissage, lustrage) action de “cirer” ses chaussures sur son pantalon. Peut être exécuté par la femme ou par l’homme lui-même, mais jamais par l’homme à la femme.

M

Marca : (marcar : guider, marquer, indiquer, signaler) guidage. Le tango étant une improvisation perpétuelle du danseur, il est nécessaire que la danseuse comprenne ce qu’il souhaite. Le guidage est fréquemment un sujet de polémique et chacun a son opinion sur le sujet :
Est-il une invitation ? (l’homme propose et la femme dispose) dans ce cas, la femme doit générer sa propre énergie pour faire chaque mouvement.
Est-il de la manutention ? (l’homme déplace la femme là où il souhaite) dans ce cas, elle est soumise à sa volonté avec plus ou moins de rudesse…
Le guidage, dans l’état actuel du tango moderne, ayant profité des apports de la danse classique et contemporaine et des recherches du tango nuevo serait plus un partage, un jeu entre les partenaires, un échange d’énergies se traduisant corporellement en déplacements et mouvements.

Media Luna : demi-lune: mouvement circulaire et rapide de la jambe de la cavalière, le pied restant en contact avec le plancher, souvent amené par une sacada de l’homme ; également départ de tour à droite, amené par une position miroir à gauche.

Media Vuelta : demi-tour, exécuté sur le 3 de la Salida ou sur un 8 arrière, le cavalier pivotant simultanément sur ses deux jambes.

Milonga : le  terme de milonga ne désigne pas seulement un rythme particulier, mais aussi le lieu où l’on danse le tango et la soirée dansante proprement dite. Le terme milonga faisant plutôt référence à une soirée qui a lieu régulièrement au même endroit, en général chaque semaine.
Comme le tango est une marche où l’on se déplace, les danseurs doivent avancer. Ils tournent donc, ensemble, dans le sens du bal: le sens inverse des aiguilles d’une montre. Ceci est essentiel car plus le bal tourne de manière fluide et homogène, moins les couples de danseurs se gêneront les-uns les-autres. A l’inverse, si le bal tourne mal ou trop lentement, du fait du nombre de danseurs trop important, de la musique, ou bien du fait de danseurs qui ont du mal à se fondre dans le mouvement général, les couples seront gênés au risque même, parfois, de se bousculer.
De l’espace du bal se dégage aussi une énergie collective du moment, à laquelle tous participent, et qui se retrouve, même inconsciemment, dans la danse du couple.

Milonguera, milonguero : celle ou celui qui fréquente les Milongas, la danseuse ou le danseur de tango.

Milonguita : diminutif affectueux pour la Milonga; terme désignant les jeunes filles importées des pays de l’Est avec la promesse d’épouser un riche Argentin, et qui finissaient le plus souvent dans la prostitution.

Mirada : (regard) regard appuyé pour s’inviter discrètement à distance, d’un commun accord. Permet à la femme de signifier à un homme qu’elle souhaite danser avec lui.

Molinete ou giro : (moulinet, tourniquet) séquence de pas de la cavalière dans le tour. Un des codes fondamentaux de la danse, qui peut être guidé par le cavalier lorsqu’il souhaite l’altérer.

Molinete con sacadas : tour avec entrées : pas de l’homme à l’intérieur de l’espace de la femme pendant l’exécution du tour.

Mordida ou Sanguchito : la petite morsure : emprisonnement d’un pied de l’un des partenaires entre les pieds de l’autre. Egalement appelé Sanguchito ou sandwich en français.

Mordida Alta : identique à la Mordida, mais effectué au niveau des genoux.

N

Negrear : adopter dans la danse les mouvements corporels des noirs des quartiers populaires.

O

Ocho : (huit) suite de pas de marche simple suivi d’un pivot, avec plus ou moins d’angle, sur chaque appui. Le “huit” peut se faire en avant (Ocho Adelante, ou huit avant) ou en arrière (Ocho Atrás, huit arrière).

Ocho Cortado : (huit coupé) commence comme un ocho, mais est stoppé et raccourci sur le retour à la position d’origine. Très employé dans le style Milonguero, et dans les bals pour éviter les collisions.

Ocho en Espejo : (huit en miroir) Ochos réalisés simultanément par le cavalier et la cavalière, en position miroir.

P

Palanca : (levier) aide du cavalier pendant l’exécution d’un saut de la cavalière, souvent avec la cuisse qui “cueille” celle de la cavalière et la propulse vers le haut.

Parada ou Pausa : (arrêt ou pause) souvent exécuté pendant un huit ou un tour, guidé par le buste du cavalier qui immobilise le cavalière, poids du corps entre ses deux jambes. Le pied du cavalier vient alors se mettre contre celui de la cavalière. En aucun cas, c’est le pied du cavalier qui vient arrêter le pas de la danseuse !

Pasada : (passage au-dessus de) pas exécuté par le ou la partenaire, en passant au-dessus du pied de l’autre. Exécuté souvent par la femme, après une Parada ou une Mordida.

Patada : (coup de pied) il s’agit plus d’un jeu de jambes, ou d’un ornement, pendant lequel la jambe libre vient pointer, tendue devant, en une espèce de coup de pied (pointe du pied en extension), entre les jambes du ou de la partenaire. On peut également considérer qu’il s’agit d’un voleo linéaire avant (s’il est guidé par le partenaire), d’un ornement s’il est exécuté par la partenaire de sa propre initiative.

Picado : chiquenaude vers le haut du talon en avançant ou en tournant.

Pisada : posé du pied, appui au sol dans la marche.

Pivote : (pivot, axe) rotation effectuée sur l’axe propre à l’un des deux partenaires. Par exemple, le pivot du ocho de la femme, ou bien celui de l’enrosque de l’homme pendant un giro effectué par la femme autour de lui.

Planchadoras : femmes qui attendent toute la nuit dans les milongas sans être invitées.

Planchar : rester en place sans participer au bal, faire figuration, tapisserie. Bien que cela  arrive majoritairement aux femmes, généralement plus nombreuses aux milongas que les hommes, ces derniers, non portègnes, peuvent aussi vivre pareilles mésaventures à leur arrivée à Buenos Aires.

Planeo : (de planear : planer) mouvement de la jambe libre de l’homme ou de la femme décrivant un large cercle sur le sol, l’autre jambe étant en pivot.

Práctica : (pratique) lieu où l’on pratique, où l’on s’entraîne pour pratiquer le tango, pour approfondir les figures, les mouvements appris lors des cours. Lieu qui diffère des Milongas, car ici on danse, c’est un lieu de bal, où les codes y sont moins « rigides ».

Protanca : jeune cheval de course femelle. Se dit d’une belle cavalière aux longues jambes.

Punteo : battement de l’orteil sur le plancher pendant un déplacement circulaire du pied.

Q

Quebrada : (cassure) figure du tango qui consiste à faire plier les genoux de la partenaire, lors d’un arrêt de la marche (voir corte ). Parfois, le danseur se penche vivemment vers sa cavalière. Ce léger fléchissement alterné d’un genou, puis de l’autre, entraîne un mouvement de balancement caractéristique du tango. Sorte de marche un peu chaloupée. Ce pas était interdit par les bonnes moeurs et puni par la loi !

Quebrado : posture dans le style canyengue : flexion avec déhanchement.

R

Rabona : étape de la marche avec un croisement sur le contre-temps, suivi immédiatement d’un autre pas de marche.

Rebote : (rebond) généralement, pas en avant du cavalier et pas arrière simultané de la cavalière, rebondissant sur le sol, servant d’élan pour une autre technique ou les ramenant à leur position initiale. Particulièrement utile quand le danseur est en attente d’espace.

Resolución : (fermeture) suite de pas qui ponctue une fin de phrase ou une succession de pas. Par exemple les pas 6, 7 et 8 d’une “Salida d’étude” : après un pas avant du pied gauche (pour l’homme), ouverture sur la droite, puis jonction des deux pieds.

Ronda : ligne de danse, imaginaire et concentrique, qui circule autour de la salle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et qui symbolise le déplacement des danseurs sur la piste. Pour une circulation fluide du bal, on ne change pas de ronda (de ligne) pendant la même tanda.

Rozar los piés : frôler un pied contre l’autre.

Ruló : (rouleau, courbure) ornement consistant à dessiner des cercles avec la pointe du pied (ou les orteils). Par exemple pendant un giro, l’homme exécute un Lápiz, et à la fin rentre son pied à l’intérieur du cercle, pour repartir à l’extérieur toucher celui de sa partenaire en la stoppant (parada). Boucle dessinée au sol, synonyme : Lápiz.

S

Sacada : (de sacar = enlever, ôter et donc par extension, chasser) bien souvent considérée à tort par un chassé du pied de cavalier qui pousserait celui de sa partenaire (on le faisait comme ça il y a 50 ans). Il s’agit en fait d’une illusion d’optique (una mentira, comme disent certains maéstros).
Le concept de la sacada est la “coupure” d’une trajectoire linéaire par un déplacement circulaire, la sacada proprement dite, se produit à l’intersection, avec la pose du pied d’un des deux partenaires au plus proche du pied libre de poids de l’autre, puis le transfert du poids du corps pour occuper la place laissée libre par le déplacement de l’autre.
Entrée d’un partenaire dans l’espace de l’autre, en chassant sa jambe libre.

Salida : parfois appelée “pas de base”, ce terme provient du verbe de la langue espagnole “salir” qui signifie, sortir; très souvent utilisé au début et pendant une danse en fonction du contexte. Il existe plusieurs variantes selon la position des pieds des danseurs.

Salida de Gato : variante de la Salida, dans laquelle la femme peut commencer ses ochos, sans passer par la position croisée.

Salteña : variante de la media luna, le demi-tour.

Salto : saut au cours d’une danse. Pratiqué en tango de scène. A utiliser avec grande parcimonie, voire pas du tout en milonga car cela ne s’intègre pas à l’harmonie générale.

Saltito : petit saut.

Sanguchito ou Mordida : (sandwich) jeu de pieds qui consiste pour l’homme à prendre le pied libre de poids de la danseuse entre ses pieds à lui, en général après une parada.
La petite histoire veut que cette “figure” ait été inventée le jour où un danseur, après avoir ainsi bloqué le pied de la danseuse, sortit de la poche arrière de son pantalon un… sandwich, le mangea, puis cette pause-sandwich terminée, défit le sandwich (avec ses pieds) pour libérer le pied de la danseuse et permettre ainsi au mouvement et à la danse de reprendre.

Seguidillas : petit pas très rapides.

Sentada : (assise) figure issue du style “Fantasía” qui consiste à asseoir la cavalière sur la cuisse du danseur.
Figure du tango, apparue vers la fin du XIXème siècle : la partenaire s’assied, ou donne l’impression de s’asseoir un bref instant sur le genou du danseur, qui a donc la jambe fléchie, ou sur sa hanche. C’est souvent une figure assez spectaculaire, de fin de danse ou de démonstration.

Sistema Paralelo : (système parallèle) La façon la plus habituelle de marcher à deux, lorsque le pied droit de la femme se déplace en même temps que le pied gauche de l’homme, marcher en parallèle.

Sistema cruzado : (système croisé) lorsqu’au déplacement du pied droit de la femme correspond celui du pied droit de l’homme.

Soltada : (de soltar = lâcher) lâcher ou changement d’abrazo. Le couple quitte sa position fermée habituelle, pour danser soit en se tenant à deux mains, soit à une main, soit pas du tout.
L’une des particularités du tango traditionnel est d’offrir un abrazo stable et permanent. Les soltadas sont tous ces moments où l’on décide d’ouvrir cet abrazo, pour tourner sur soi-même sans entraîner son ou sa partenaire, ou plus généralement, pour réaliser tout ce qu’il est impossible de faire en maintenant l’abrazo fermé.

Staccato : le staccato consiste à piquer les notes pour bien les détacher, ce qui donne l’effet d’une suspension plus ou moins grande selon la vitesse d’exécution. En cela, il s’oppose au legato qui cherche à obtenir une liaison entre les notes. Ainsi, un pianiste détachera les mains du piano, un bandonéoniste détachera ses doigts des touches de l’instrument, etc.

Sube y Baja : pas de Milonga où le couple danse, en position déboîtée, d’avant en arrière et de haut en bas, avec un mouvement de pendule.

T

Taconear : frapper le sol du talon. Taconeando (en frappant du talon) est un célèbre tango.

Tanda ou Tenda : unité de mesure du bal. La tanda est une série de 3, 4 voire 5 danses qui s’enchaînent. Une tanda regroupe habituellement les morceaux d’un même style (tango, milonga ou valse), d’un même orchestre interprète (de la même époque, avec le même chanteur, ayant même énergie, …) pour former un ensemble harmonieux et homogène.
On danse généralement une tanda avec un/e même partenaire. Les tandas sont séparées par un intermède musical : la cortina (rideau), morceau de musique autre que tango, qui indique que c’est le moment de changer de partenaire.

Tango liso : tango de base très simple, sans la moindre figure autre que les ochos et les tours, et sans voleos, ganchos ou sacadas.

Tanguera, Tanguero : passionné(e) par le tango argentin dans ses diverses composantes (musicales, danse, culture). Ce terme désigne aussi les danseuses et danseurs professionnels.

Tijera : mouvement de retrait de la jambe avant qui se croise devant la jambe d’appui, sans poids du corps, et repart en avant / mouvement en l’air des jambes de la cavalière lors d’un saut, qui lance une jambe, puis ensuite l’autre, souvent pour amener une sentada.

Tocada : (de tocar = toucher) Le pied du danseur vient caresser le sol pour rencontrer celui de la fille, se fait en général au moment d’une parada.

Traspié : se dit de la milonga, en opposition à la milonga lissa (milonga lisse). C’est un système de pas rapides utilisés en Milonga, composé de trois mouvements sur deux temps de musique (les contre-temps) et qui “marque” corporellement la “habanera”.

Truco : terme désignant des tours et arrêts dans le style Fantasía.

V

Vals : (valse) avec le tango et la milonga, la vals criolla (lire “valse crioja”) est le troisième style de musique sur lequel on danse le tango. Il se caractérise par un rythme sur trois temps, musicalement proche de la valse européenne, généralement plus fluide que le tango. Contrairement à la milonga, la façon de danser la valse reste très proche de celle du tango classique.

“Ventilateur” : terme à connotation négative et/ou moqueuse utilisé pour qualifier une danseuse qui se croit seule sur la piste de danse et qui effectue des figures aériennes ou bien des boléos et ganchos de très grande ampleur alors que ni l’espace ni la proximité des autres couples de danseurs ne le permettent. Parfois ils ne sont même pas guidés au demeurant (dans ce cas, il s’agit de la version automatique). Ce qui signifie, a contrario, que ces figures sont parfaitement possibles quand les circonstances s’y prêtent (beaucoup d’espace entre les couples, style de la musique notamment).
Le même terme est utilisé pour un danseur effectuant des figures inconsidérées.
Ce défaut n’est pas rédhibitoire et peut se corriger en apprenant les règles de conduite en bal et en les appliquant.

Viborita : figure dans laquelle l’homme place son pied entre les jambes de sa cavalière puis pousse, avec l’arrière de sa jambe, celle de sa partenaire.

Volcada : (de volcar : incliner, renverser) mouvement dans lequel le cavalier fait s’incliner l’axe de la cavalière vers lui, tout en inclinant son propre axe également, ce qui permet au couple de partager un axe central au niveau du contact des bustes et de créer un équilibre des masses, sans utilisation de la force musculaire. L’homme peut ainsi avoir le “contrôle” de la jambe libre de la femme et lui imprimer des mouvements larges et circulaires.

Voleo : forme incorrecte de Boleo due à la confusion entre la prononciation du “b” et du “v” en espagnol et à une éthymologie douteuse l’associant au verbe “volar” (voler).
Décoration de la jambe libre de la femme qui surgit lorsque l’homme interrompt un ocho, au moment du pivot, en inversant la direction du mouvement. Sous cette impulsion, la jambe de la femme s’élève librement, telle la lanière d’un fouet. Selon la proximité plus ou moins grande des autres couples, à utiliser avec parcimonie, voire s’en abstenir.

Z

Zapatazo : action de frapper les chaussures l’une contre l’autre.

Zarandeo : vigoureuse poussée d’arrière en avant.

 

Ce texte, publié avec l’aimable autorisation de www.fantango.ch, a été tiré du blog Tango Sacha (Milonga Ophelia)